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 visiteurs à suivre nos aventures !

Acte 1 :

- Petit papa Noël, quand tu descendras du ciel, la-la-la-la ...

- Chaton, tu crois qu’il existe pour de vrai le père noël ?

- Chépa !

- Tu l’as déjà vu de tes yeux ?

- Non ... Je crois qu’il est imaginaire.

- Tu penses qu’il y a des choses qui pourraient exister mais qu’on ne verrait pas ?

- Oui.

- Comme quoi par exemple ?

- Huuuuuum ... Les fantômes !

Acte 2 :

"Maman tu sais, le père Noël va distribuer les cadeaux en passant par la cheminée ... ah mais nous on n'a pas de cheminée ! Bon, c'est pas grave tu sais, il va sonner en bas et passer par la porte, voilà".

Acte 3 :

- Chaton, comment il fait le père Noël pour distribuer tous ces cadeaux à tous les enfants du monde ?

- Tu sais pas ?

- J'ai ma petite idée mais c'est quoi ton avis ?

- Bah, y a un père Noël dans chaque ville enfin !

Acte 4 :

- C'est quoi ton dessin loulou ?

- Bah tu vois pas ? C'est le père Noël regarde : il a une barbe, une ceinture pour son costume et une hotte avec pleins de cadeaux. 

Acte 5 :

"Maman je sais que c'est toi et papa qui achetez des cadeaux, mais le père Noël a le droit de m'en offrir aussi quand même !".

Discussions intéressantes avec TonMoutard. Faut-il ou non croire au père noël ? Pour lui, c'est un mix entre une vraie personne dont la fonction serait proche de celle du facteur et  un personnage imaginaire comme dans les contes.

J’ai essayé donc de le sonder sur ses croyances et l'intelligence et l’énergie mise à l'œuvre pour résoudre des contradictions, concilier invraisemblances et envie d'y croire nous renforcent dans notre approche au sein de la boitamoutards. En effet, cette question se pose avec insistance pour tout parent désireux d'accompagner au mieux son enfant dans son appropriation du réel tout en ménageant un espace pour l'imaginaire, les deux étant indissociables pour un bon équilibre. Alors ici, nous essayons de le questionner sur ses croyances sans les renforcer [non TonPapaMoutard ne va pas prendre son costume rouge et déposer ses empreintes de pieds sous le sapin, de toutes façons il ne serait pas crédible vu qu'il nagerait dedans], nous élevons son horizon [non il n'y aura pas de lettre au père Noël pour lui demander des cadeaux, mais pour lui souhaiter les voeux, lui proposer des actions envers des enfants défavorisés pourquoi pas ?], nous lui donnons différentes perspectives, lui proposons les outils pour se faire sa propre opinion et évitons de l'assener de nos vérités d'adultes même si cela est très tentant.

Il est vrai que les comptines, mises en scènes et toutes les images du quotidien orientent les croyances des touts petits mais celles-ci ne sont-elles pas également vecteur de sociabilisation ? Il est vrai qu'une forme de crédulité debilisante à vocation consumériste [ouaah, je comprends ce que je dis là ?] peut venir polluer les jeunes esprits facilement manipulables mais en même temps, la frontière entre le réel et l'imaginaire n'est-elle pas très poreuse à cet âge ? Il est vrai aussi que malgré leur jeune âge, les enfants sont capables d'une gymnastique de l'esprit édifiante. 

Bref, il est vrai qu'il est plus constructif peut-être pour l´enfant de l’inviter à réfléchir en lui présentant différentes lectures possibles plutôt qu'une seule, même lorsque l'option [certes un peu plus nuancée que tel qu'énoncé ci-après] "le père Noël n'existe pas, c'est coca cola qui l'a inventé" est celle qui permettrait de prime abord d'éviter mensonges et frustrations [l’enfant ayant en plus une tendance naturelle à remettre en cause l’autorité parentale il risque de toutes façons de ne pas adhérer à « la vérité » et lui confier la chose comme étant un secret est une responsabilité trop lourde me semble-t-il pour ses frêles epaules]. Il est vrai aussi que depuis l'arrivée des moutards et depuis les quatre ans que l'on exerce ce beau métier, il me semble de plus en plus confirmer que tout l'art d'éduquer n'est pas tant de "bien" éduquer que celui de donner la possibilité à son enfant de comprendre le monde et se forger un esprit critique, savoir faire la synthèse entre les opinions des autres et défendre la sienne.

Peut-être qu’entre le saint, le père fouettard, les légendes nordiques et païennes et le père noël marketing, un syncrétisme s’impose. J’aime bien cette formule trouvée sur la page Wikipedia qui situe le personnage de façon admirablement contemporaine :  

[La sociologue Martyne Perrot résume ce syncrétisme : « l'idée que le père Noël est américain est partiellement vraie car la construction de ce personnage est en fait liée à l'histoire des migrants newyorkais ; c'est un personnage migrant, qui a pris un peu de tous les pays où il est passé et il est riche d'emprunts culturels divers. »]

Et si on faisait un peu confiance aux enfants en les laissant parler plutôt qu'en voulant les faire entendre ? Il ne sait pas s'il y croit vraiment ou pas et posera ses questions quand il sera prêt, on y repondra à chaque fois avec la plus grande sincérité et en toute bienveillance et d'ici là, TonMoutard a tout son temps pour vivre son enfance en toute innocence.

Et si on célébrait ensemble en famille et avant tout l’esprit de Noël, que l’on soit croyant ou pas, un moment de partage et l’occasion de se recentrer sur l’essentiel. Nous avons découvert de beaux livres qui en parlent bien pour les enfants et que l´on aime beaucoup ici comme « Le noël de Balthazar » qui célèbre l’amitié et « Emy et Liv fêtent noël » qui laisse une parenthèse ouverte sur l’existence ou non du fameux personnage ; ou encore, « Tous les Noël du monde » qui montre comment cette période se passe dans différente cultures, chrétiennes ou pas.

Finalement, peu importe la question de savoir s’il faut croire ou pas car c’est loin d’etre le plus important ! Par ailleurs, chacun en se reportant à sa propre enfance et vécu voudra ou pas transmettre son expérience si elle a été positive ou l’empêcher de se reproduire si elle a été vécue de façon négative [le sentiment de déception voire de trahison peut sembler fort mais bien réel si toutes les histoires brodées par les coutumes sont perpétuées à escient par le parent]. Il est plus question, comme toujours lorsqu’il s’agit de l’enfant qui se questionne, de laisser celui-ci vivre sa propre expérience et le laisser parvenir à ses conclusions par lui-même ; sans mensonges mais sans empêcher l’enfant non plus de vivre le mensonge qu’il entretient parfois lui-même et dont il sortira forcément lorsqu’il n’en aura plus le besoin.

Et si nous ne voulons pas mentir à nos enfants, il y a ce que nous leur disons ou pas mais il y a aussi et surtout notre façon d’être avec eux et avec les autres, il y a le respect de leur façon d’apprehender le monde et la lutte contre nos penchants naturels à les surprotéger, donner des conseils ... les empêchant parfois de trouver leurs propres façons de concevoir le monde, de se tromper, de croire et d’être contradictoires, comme le sont les adultes.

Nous voulons parfois trop de choses pour nos enfants, prenons 5 minutes pour savoir ce que eux veulent ! Mais cette voie n’est pas  toujours des plus faciles ... 

Tiens, aujourd’hui c’est la St Nicolas, un petit portrait s'impose !  

 

Petit papa nouwel
Petit papa nouwel
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