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Le hasard fit qu’en ce dimanche, jour de la fête des mères, je suis allée voir l’exposition Mary Cassatt au musée Jacquemard André. Je connaissais un peu l’artiste américaine et son œuvre mais j'étais loin d’imaginer l’influence décisive qu’elle eut pu avoir sur l’essor de l’impressionnisme notamment en dehors de nos frontières.

En effet, par son activité de conseil, elle permit à ses amis l’acquisition éclairée de nombreux tableaux de peintres impressionnistes des premières heures [Degas, Monet, ...] avant que ceux-ci ne se fassent promouvoir outre-Atlantique, dans le cercle des connaisseurs d’abord puis du grand public ensuite, ceci au gré des expositions. 

Femme d’exception
Femme d’exception
Femme d’exception
Femme d’exception

Mary Cassatt n’eut pas d’enfants mais elle mettait au bout de son pinceau ce qu’elle pensait n’être possible que par le regard d’une femme. Féministe convaincue, elle considérait que pour une bourgeoise, sortir de sa condition de femme aux préoccupations éminemment mondaines pour se réapproprier son rôle de mère était une autre façon voire la façon ultime de se réapproprier sa féminité et affirmer ou confirmer sa place dans la société. Paradoxalement, les débuts du fémininisme du XIXème s’apparenteraient à un retour à l´âge de pierre de nos jours. 

Les portraits qu’elle peignit montrent des enfants à l’air sérieux et aux soucis aussi envahissants que les chapeaux dont on les paraient avant de croquer leurs bouilles d’anges. On lui reprocha ainsi dans ses peintures une représentation où l’insouciance de l’enfance était gommée mais pour Mary, ces enfants portaient au contraire en eux tout l’espoir du monde et les représenter ainsi était une façon symbolique de montrer le monde de demain.

Femme d’exception
Femme d’exception
Femme d’exception
Femme d’exception
Femme d’exception

Il y a aussi quelque chose de quasi religieux dans ces portraits de mères à l’enfant, qui perpétuaient un acte naturel mais ouvraient le monde à de nouvelles possibilités à chaque fois qu’elles donnaient naissance.

La représentation n’est pas spécialement élogieuse. Elles sont souvent montrées de dos et quand on les voit de face, on ne peut pas dire que Mary Cassatt ait cherché à les rendre belles, elles ont parfois même le trait sombre et quelconque. Et pourtant, comme l’artiste qui au détriment de la mère reléguée au second plan a mis tout son effort et son génie créatif dans le raffinement de ces petites têtes blondes avant d’accoucher de son œuvre, on imagine ces femmes donner le meilleur d’elles-même avec abnégation et dévouement peut-être jusqu’a l'effacement pour que brillent leur progéniture.

Il y a une forme de sacrifice dans la maternité qui n’a plus du tout le vent en poupe. Une mère heureuse est une mère aux choix exprimés et respectés : de donner le sein ou le biberon, de reprendre le travail rapidement ou faire une parenthèse dans sa carrière, de réussir la synthèse d’un nouveau rôle tout en restant proche de ce qu’elle était avant. Mais se plonger dans ces portraits aujourd’hui est l’occasion de se réinterroger sur ce qu’est être mère, car finalement on n’a jamais fini de se questionner quand on devient parent. 

Femme d’exception
Femme d’exception
Femme d’exception
Femme d’exception
Femme d’exception
Femme d’exception
Femme d’exception
Femme d’exception
Femme d’exception

Nous sommes toutes des mères plus ou moins différentes au portrait plus ou moins ressemblant, consciemment ou inconsciemment, aux pseudo madones de Mary Cassatt. Mais au final, une seule chose nous rassemble en ce jour de la fête des mères : on se retrouve toutes avec ce collier de nouilles dont on ne sait pas quoi faire mais qu’on garde précieusement car il symbolise nos idéaux de bienveillance et tout l’amour que nous porte notre chère progéniture malgré nos imperfections répétées, bref, c’est tout le secret et l’art d’être mère. Je te souhaites donc chère maman lectrice un happy nouilles day ou autrement dit, une bonne fête des mères.

PS : et si des fois tu te demandais d’où venait cette tradition, saches que j’ai ma théorie à ce sujet ici ! 

PS bis : cette année TonMoutard m’a offert un set de tasse à thé avec sa soucoupe joliment décorées avec des cœurs. Bon le hic c’est qu’il voulait garder une des deux, j’ai donc voulu lui expliquer que la porcelaine était fragile et qu’il pouvait malencontreusement la casser. « Mais maman, ne t’inquiètes pas ! C’est de la porcelaine en métal ! » ... me voilà donc pleinement et entièrement rassurée ! Merci mon chéri pour ce cadeau si original, je le mettrais donc à côté des verres à eau en laine d’alpaga ...

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