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Promis, demain j'arrête !

Je tire bientôt un trait sur un an d'allaitement avec TonMoutarBis comme je l'avais déjà fait avec SonMoutard de grand frère.

Il y a encore cette tétée retrouvailles-câlin-p'tit dej frugal du matin, mais elle devient de plus en plus courte et parfois même elle est sautée. C'est bientôt la fin et bien sûr, ce moment ne m'est pas indifférent !

Ces deux années entrecoupées ont été une sorte de rite initiatique, celui qui marque un passage mais pas tout à fait comme on pourrait l'entendre. L'allaitement a certes marqué pour moi de façon concrète un changement de statut, celui de nullipare - arrrrgh, je déteste ce mot - à primipare puis multipare - rhaaaa, je le déteste encore plus celui-là !. Mais en toute honnêteté, l'évolution de statut la plus importante ne s'est pas opérée dans mon corps mais plutôt dans mon esprit.

Lorsque je suis tombée enceinte la première fois, j'avais une idée précise de tout ce que je devais faire pour être une bonne maman, allaiter mon enfant en faisait partie et pour moi, il ne pouvait en être autrement ! Comment une femme pouvait-elle en effet "troquer ce qu'il y avait de mieux pour nourrir son bébé contre un vulgaire lait reconstitué sucé au-travers d'un bout de plastique" ? Comment donc, n'était-elle "pas au courant de la pression marketing et du lobbying ambiant de l'industrie du lait en poudre ou pire le cautionnerait-elle" ? Non, mais "franchement, nous sommes tellement mal accompagnées par les pédiatres, sages-femmes, gynécologues et autres personnel médical sur le sujet de l'allaitement et il y a tellement de contre-vérités et postures qui font violence à ce choix qui devrait être une évidence pour toute femme suffisamment bienveillante, que c'est normal qu'une femme sur trois n'allaite pas son nourrisson à la naissance !"

 

Polémique - mique - mique ... ou si on parlait allaitement

J'avais aussi cette conviction forte qu'en plus des raisons évoquées plus haut, la société occidentale n'accordait pas beaucoup de place à l'allaitement en public. Que celui-ci était banni, honnis et vu comme quelque chose de honteux, et cela me révoltait !

Tout cela est bien sûr vrai. Mais ma propre expérience a fait évoluer mon opinion sur ce sujet.

J'ai pu allaiter dans des lieux et situations insolites : dans le bus, le métro, le train, en sortie en mer sur un petit bateau à moteur avec pléthore de touristes, dans l’ascenseur, ... bref dans tous les transports qu'on peut imaginer.

J'ai pu allaiter au restaurant, dans les grands magasins, dans la file d'attente pour acheter mon pain. J'ai même pu allaiter à mon entretien d'embauche pour mon changement de poste à l'issue de mon congé mat - ah oui ça, on en parle encore comme d'une belle anecdote avec mon ancien chef !

Si je n'avais pas pu allaiter, je pense que j'en aurai été très triste. J'en aurai peut-être souffert, j'aurai peut-être surement pu passer à autre chose ou avoir des regrets et y penser avec amertume le restant de ma vie. Mais allaiter fut mon choix personnel que je ne généraliserai aucunement ! Allaiter fut une expérience pleine de découvertes, de rebondissements et parfois de doutes. Allaiter n'a pas été pour moi un traumatisme en public, je n'ai à aucun moment et objectivement été l'objet de regards malveillants ni de remarques ou de comportements déplacés.

La révélation pour moi fut donc qu'il y a une bienveillance, peut-être de la curiosité ou à la rigueur une indifférence au sujet, c'est encore une fois mon expérience personnelle ou celles de copines mais qui ne fait pas une généralité. Oui il y a ces histoires lamentables où des mamans se font exclure de l'espace public quand elles sortent le sein. Non il n'y a pas besoin de cacher un sein nourricier pour ne pas choquer les passants et on devrait pouvoir nourrir son enfant sereinement comme on a le droit de s'asseoir sur un banc pour manger son sandwich. Mais il y a une autre réalité plus positive, peut-être moins prégnante mais elle existe et ça fait du bien ! 

L'autre révélation fut de comprendre vraiment - et pas qu’intellectuellement dans un coin du cerveau en faisant un effort d'imagination - que de ne pas allaiter peut aussi être un vrai choix et non l'option par défaut de mamans qui ne peuvent pas ou ont peur ou méconnaissent l'allaitement.

Et pourquoi ne serait-il pas un choix comme un autre ? Pourquoi allaiter serait-il un choix plus éclairé que celui de ne pas allaiter ? Dans la prise de décision, une femme pour qui allaiter est une évidence ne rationalise pas forcément plus ses arguments que celle qui n'allaitera pas, il y a une dimension affective forte, un vécu qui structure souvent de toutes façons la plupart de nos choix, et celui-là n'y échappe pas plus qu'un autre. Une femme dont le vécu et l'affect ne font pas porter vers l'allaitement n'entendra pas plus ou mieux les arguments pro-allaitement. C'est son rapport à son corps, à son image de femme qui sera en jeu et c'est quelque chose d'intime, de puissant ! On aura beau lui rabâcher, lui expliquer, l'accompagner, elle aura ses craintes ou ses certitudes, ses envies ou ses contraintes. Une future maman a besoin de se sentir actrice des choix qu'elle fera pour son enfant, cela participera de son propre rite initiatique, il est individuel et celui d'allaiter ou pas est fondamental dans sa façon de devenir mère et s'approprier ce rôle en toute sérénité.

Polémique - mique - mique ... ou si on parlait allaitement

Avoir la conviction qu'il faut absolument allaiter son enfant au risque d'être une mère indigne peut également engendrer une grande souffrance morale.

Parce que ça peut sembler facile et naturel alors que ça ne l'est pas forcément. Non ce n'est pas facile et naturel, c'est juste qu'il y a des connaissances ancestrales qui se sont perdues et qui ne se transmettent plus. On devient maman de nos jours sans avoir été confrontée parfois même une seule fois à un nourrisson.

Parce qu'on ne s'imagine pas que ça puisse faire mal : il y a les mastites - et on aura beau être attentif à bien nourrir bébé à la demande, lui faire prendre le sein correctement, ça peut arriver. Il y a les seins qui ressemblent à un tonneau à vous réveiller la nuit les premières semaines et qui coulent comme les chutes du Niagara un jour de déluge.

Polémique - mique - mique ... ou si on parlait allaitement
Polémique - mique - mique ... ou si on parlait allaitement
Polémique - mique - mique ... ou si on parlait allaitement

Il y a le refus de bébé d'accepter le biberon une fois l'allaitement bien installé ou la peur de foirer son allaitement en introduisant le biberon trop tôt. Il y a les morsures et autres joyeusetés. 

Il y a le renoncement aux petits plaisirs habituels : le café à la machine - "non pas pour moi merci,  je vais plutôt me prendre ce délicieux potage de tomates pour changer du chocolat chaud. Miam, ça me donne déjà la nausée m'ouvre l'appétit de bon matin !", le petit verre de vin rouge que tu affectionnes tant en accompagnement d'un bon repas et que tu te contentes pour un moment de contempler du regard dans le verre du voisin - et pas besoin d'être alccolique pour ressentir ce manque hein !

Polémique - mique - mique ... ou si on parlait allaitement

Il y a enfin les injonctions paradoxales : "non mais ne lui donne surtout pas le bib' car il va faire une confusion sein-tétine !", Euh, je reprends le boulot dans deux semaines là, j'aurai beau tirer mon lait, il ne va pas le boire à la petite cuillère n'est-ce pas ?!

Et parce que les meilleures consultantes en lactation peuvent avoir toutes les réponses à toutes les interrogations de mamans en proie au doute, au questionnement, parfois la réponse la plus simple est d'oser le sevrage !

J'aurai juste tendance à dire parfois à certaines pro-allaitement qui vont dans l’excès inverse sans s'en rendre vraiment compte : foutez-vous la paix !

Polémique - mique - mique ... ou si on parlait allaitement

Tiens, et si on parlait en effet du fait de tirer son lait au travail. Je te souhaite du courage pour en parler à ta DRH, enfin, si elle ne te fais pas le coup du "Ah bon ! Le droit du travail prévoit la mise à disposition d'une salle propre 1h par jour pour les femmes allaitantes ? Ah non désolée, je suis une vraie mytho n'étais pas au courant !". 

Oui bon, disons que la perspective de tirer mon lait aux toilettes m'enthousiasme autant que toi à l'idée de t'enfiler ton entrecôte coca light aux pipi-room, tu vois !

Polémique - mique - mique ... ou si on parlait allaitement

Pour moi, cet épisode fut une parenthèse fondamentale, tout comme pour d'autres femmes d'autres parenthèses auront contribué aux fondements de leurs vies de mamans. Je ne considère pas - ou plus, je me suis soignée et je crois que ça m'a rapprochée d'une solidarité féminine qui, on peut le déplorer, manque encore cruellement - qu'avoir allaité m'a permis d'être plus au contact de mon bébé, plus réactive à ses besoins, lui avoir apporté plus de sécurité. Je lui ai juste apporté tout ça d'une façon différente, pas plus naturelle, juste différente. Pas meilleure, mais de la façon qui me ressemble le mieux. Et cette expérience m'a fait grandir.

Polémique - mique - mique ... ou si on parlait allaitement

L’allaitement maternel et artificiel ne devraient pas se faire concurrence sur le terrain de l’amour filial et l’amour filial ne devrait pas se mesurer aux nombre de mois d’allaitement pratiqués. On voit souvent fleurir sur le net les Top des X raisons pour lesquelles il serait bien d’allaiter, c’est bon enfant et plein d’humour bien sûr mais je crois qu’il faut sincèrement arrêter un peu cette frénésie et cette course à la perfection. Une femme qui décide d’allaiter ne fait pas qu’un choix pour son enfant, elle le fait vis-à-vis d’elle même aussi et doit donc être à l’aise avec ce choix. La même chose s’appliquant dans l’autre sens, le match est donc nul.

Allez, encore quelques dessins humoristiques glanés par-ci par-là qui rétablissent avec humour la balance.

Polémique - mique - mique ... ou si on parlait allaitement
Polémique - mique - mique ... ou si on parlait allaitement
Polémique - mique - mique ... ou si on parlait allaitement

Le sujet de l'allaitement revêt une forte connotation féministe et peut-être faudrait-il que le centre de gravité bouge enfin un peu pour devenir un peu moins marqueur entre pros and cons!

Bon, promis demain j'arrête ... les sujets polémistes ! La prochaine fois, je vous parlerai donc foot puisque c'est le sujet incontournable du moment, sujet moins clivant bien sûr ...

Ah non, attendez ! Quelqu’un me parle dans l’oreillete. Quoi, comment ça on s'en foot ?!

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